POTIRONS AU NATUREL

Cette année, j’ai fait des potirons. Il en existe des centaines de variétés, mais j’ai choisi le Rouge d’Etampes pour sa belle couleur et son goût légèrement sucré, sa chair très savoureuse, ni farineuse ni filandreuse.

En général, je garde d’une année sur l’autre des graines que je fais sécher au soleil pour la semence, mais cette fois, j’ai retrouvé une boîte de graines de 1998 (graines millésimées, je vous prie !). J’étais somme toute assez dubitatif sur la capacité à féconder de ces graines, mais en repensant aux grains de blé retrouvés dans les pyramides d’Egypte et qui ont germé plus de 3000 ans après, j’ai tenté l’expérience. Et ça a marché !

Savez-vous où je les ai plantées ? Non, pas au potager !… Sur le tas de compost !

Pour moi, la culture du potiron est l’illustration de tous les principes que nous mettons en vigueur sur le domaine et qui révolutionnent des millénaires de labourage : semer directement en terre, et notamment sur le tas de compost, sans travailler le sol. En effet, en se basant sur le principe de la forêt, le sol de notre potager n’est plus retourné. Si l’homme retourne la terre en labourant depuis la nuit des temps, cette pratique est « dégradante » pour le sol et « antinaturelle ». Les plus grands végétaux du monde se trouvent dans les forêts. Ils poussent sur un sol qui n’est jamais retourné, jamais labouré. On ne retrouve pas dans le monde un système plus intense et abouti : la forêt est un gigantesque producteur de matière vivante, et les végétaux à moins qu’on ne les pollue, ne sont pas malades.
Aussi, mes potirons semés directement sur un sol composté sont superbes et en pleine forme.

Que peut-on demander de plus ? Facilité de culture, aucun amendement chimique, et du goût… Car c’est pour retrouver la saveur des légumes et des fruits que j’en suis venu à pratiquer des méthodes de culture de plus en plus copiées sur la nature.

Mais il a fallut faire abnégation de tout ce qui est inscrit dans nos gênes depuis des millénaires.
Les potirons sont magiques, puisqu’ils se transforment tour à tour en carrosse, calebasse, masques en tous genres…mais ils le sont surtout parce que, en cuisine, ils s’utilisent sous toutes les formes : de la soupe au gratin, en passant par le carpaccio, les gâteaux appelés millassou chez nous, le pain … Ils se marient à merveille avec le poireau, la pomme de terre et la truffe noire. Les graines grillées au four se mangent à l’apéritif comme des cacahuètes (mais n’oubliez pas d’en garder pour les semis de la saison suivante). La fleur du potiron, plus grosse que celle de courgette est délicieuse en beignet ou tempura .
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