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Quand ils auront disparu, on mangera quoi ?

“Massacre à la bêche.” Ce pourrait être le titre d’un polar. Pourtant l’histoire est bien réelle. Au nom de la sainte productivité, l’humain tue les architectes de nos sols : les vers de terre. 

Et le jour où ils auront disparu, nos sols mourront avec eux, incapables de produire quoi que ce soit.

Ce qui est fou, c’est qu’un sol n’a pas besoin d’être travaillé pour produire. Il suffit de favoriser sa fertilité.

Cela fait 15 ans que je ne touche pas au sol de mon potager. Et il ne s’est jamais aussi bien porté.

Agriculture bio : ce n’est pas (toujours) la panacée

Tout le monde connaît les effets néfastes des engrais et des pesticides chimiques.

Ils sont utilisés pour combattre quelques fauteurs de trouble : herbes indésirables, insectes, champignons, …. Le problème, c’est qu’ils détruisent aussi  les auxiliaires qui nous sont utiles, et que les résidus de ces substances finissent dans l’eau potable et dans nos assiettes , et parfois aussi dans nos poumons.

Alors, les producteurs français sont de plus en plus nombreux à passer à une agriculture bio. 

En 2019, presque 10% des terres étaient cultivées en bio. Une proportion qui a doublé ces cinq dernières années.

Sauf que, bien souvent, pour remplacer les désherbants et autres pesticides issus de la pétrochimie, le bio a recours au labour et à une intensification du travail du sol pour « nettoyer » la terre.

Les conséquences méconnues (et graves) du labour.

Contrairement aux effets catastrophiques des pesticides, on ne parle que peu de ceux du labour. Peut-être parce qu’on est habitué depuis notre enfance à voir ces tracteurs géants qui tournent et retournent le sol.

Ces engins qui le maltraitent et tassent le sol, tout en consommant une quantité astronomique de gasoil.

C’est aussi parce que cette technique ancestrale sonne mieux dans notre inconscient. « Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France » nous disait Sully au 16° siècle. Mais le labour mécanisé d’aujourd’hui, avec des tracteurs de plusieurs centaines de chevaux, n’a rien à voir  avec le labourage  avec les boeufs sous le règne d’Henry IV.

Une technique obsolète et dangereuse

Les désavantages du labour mécanisé sont nombreux.

Le labour tue les vers de terre et détruit leur habitat, aussi bien que les pesticides.

Concrètement, cela se traduit par :

Au domaine, personne ne travaille le sol de notre potager

Résultat ? Il produit de plus en plus de fruits et légumes.

Surtout : des fruits et des légumes gorgés de vitamines
et de saveurs

Si j’aime cultiver, c’est pour cuisiner à ma manière.

Cuisiner des légumes qui ont le goût d’antan et une nutritivité supérieure à ceux qu’on trouve sur les étalages de nos supermarchés et même de nos marchés !

Ce n’est pas un outil marketing pour ajouter l’expression “du jardin” sur le menu. Ou pour cultiver des nouvelles variétés de légumes à la mode, pour être “tendance”. 

Si ça ne tenait qu’à ça, j’aurais fait comme bon nombre de mes collègues restaurateurs : j’aurais acheté une jardinière , qui tient sur le balcon d’un appartement parisien, et j’y aurais fait pousser deux tomates cerises et trois feuilles de basilic.

Qu’importe qu’on utilise les fonds de sauce Nestlé, pourvu qu’on ait un ingrédient “du jardin” ! 

Arrêtons ces mascarades.

Moi, ce que je veux, ce sont des légumes qui ont du goût et qui font du bien à la santé.

Et pour ça, il faut un grand potager. Et même un très grand potager.
Avec un sol riche et vivant.

Plus il y a de vers de terre, plus la terre est riche

Imaginez ça : dans un hectare de prairie en bonne santé, il y a jusqu’à 3 millions de vers de terre.

Ils vivent entre 2 et 8 ans. Ceux qui serpentent en profondeur mettent du temps à se reproduire. Ils ne produisent qu’une génération de vers de terre par année.

En 1950, on comptait en moyenne 2 tonnes de vers de terre à l’hectare. Aujourd’hui, dans les sols labourés, on n’en compte plus que 200 kg, soit 10 fois moins.

Si les vers de terre disparaissent, les sols seront à genoux, complètement stériles.

Les vers de terre : architectes d’un sol fertile

Ils aèrent le sol grâce aux galeries qu’ils creusent (et c’est un sacré boulot !)

Ils augmentent la capacité du sol à absorber de l’eau (si les inondations sont de plus en plus catastrophiques, c’est que les sols parviennent de moins en moins à absorber la pluie).

Ils favorisent la croissance des racines.

Ils nourrissent, rajeunissent et assainissent le sol.

Et bien plus encore…

(c) Jean-François Mallet

L’exemple parfait : la forêt

Aucun système agricole intensif n’est aussi productif que la forêt.

La forêt abrite, sur un même espace, des arbres grands de 30 mètres, des arbustes de type fruitiers, des buissons et des fleurs, sans engrais ni pesticide.

C’est un système abouti qui s’autosuffit et qui régénère le sol. 

Un sol toujours recouvert

Vous avez déjà remarqué que quand vous vous baladez en forêt, le sol est toujours recouvert ?

Chaque année, les feuilles  tombent. Elles créent des couches successives. Ces couches sont compostées par les petits animaux qui vivent sous nos pieds… principalement les vers de terre !

Ils  labourent la terre. Et la terre leur rend la pareille en leur offrant le gîte et le couvert. 
Les feuilles protègent le sol de la pluie et du soleil comme le toit de notre maison, elles sont ensuite lentement décomposées par tous ces animaux souterrains qui s’en nourrissent.

L’exemple parfait, je vous l’ai dit.

La bonne solution : mon potager de fainéant.

La culture de mon potager est basée sur celle de la forêt.

Je sème et repique directement sur de l’herbe tondue et des branches broyées et compostées sur place. Le sol travaille gratuitement pour nous. Pas besoin d’artifices chimiques coûteux.

Une intervention humaine réduite au strict minimum : c’est ce que j’appelle mon potager de fainéant.

Les poules s’occupent de tout !

Dans le jardin, on a un poulailler mobile.

Quelques poules noires du Quercy sillonnent le verger-potager. Elles font office de motoculteur, d’apporteur d’engrais et d’usine à œufs. Des beaux œufs tout blancs et tout frais.

Un fonctionnement 3 en 1.

Voir (et goûter) pour le croire

Notre potager est grand mais ne représente qu’une infime partie des 70 hectares sur lesquels s’étale le domaine.

Réserver un dîner au restaurant, c’est bien. Réserver un séjour au domaine et passer les soirées au restaurant, c’est mieux.

Vous aurez ainsi le temps et le loisir de goûter à toute la production du domaine, des fruits et légumes du potager au jambon de porc gascon en passant par le foie gras à la truffe, mais aussi de découvrir les coulisses de la production.

Venez rencontrer les hommes et les femmes qui font vivre au quotidien cette Entreprise du Patrimoine Vivant, qui se réjouissent de vous accueillir et de partager avec vous une philosophie plus unique que rare !

Votre séjour à la Maison Duler.

Lumineuse avec vue sur la piscine, coin salon et terrasse …

P.S. : Quelques recettes préparées avec les fruits et légumes du potager.

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