Au retour des vacances, un Français sur cinq envisage de changer de logement ou de cadre de vie.
Je comprends.
Septembre a ce talent particulier :
on reprend le travail depuis trois jours et on se demande déjà si on ne devrait pas tout changer.
De notre côté, c’est plutôt l’inverse.
Prenez une journée presque banale au Domaine de Saint-Géry
Vers 7 heures, Louis-Dominique part dans les vignes avec l’équipe.
Trois heures de vendanges.
Puis le raisin rentre au chai et il faut le trier, et ça va durer tout le reste de la journée.
Parce qu'ici le tri du raisin, bien qu'il soit déjà trié dans des petites caisses de 6 kg à la parcelle, prend 3 fois plus de temps que la vendange elle-même.

avec notre fils Louis-Dominique et l'équipe du domaine
Pendant ce temps, notre fille Camille est dehors elle aussi
Les chevaux.
Les agneaux avec Nel, sa chienne de berger.
Il faut surveiller, déplacer, trier, recommencer.
Les animaux ont une conception assez personnelle de l’organisation du travail.

Pascale, elle, est à la maison
Accueillir les hôtes.
Vérifier les chambres.
Les réservations.
Les colis de salaisons, foies gras, pains de blé truffier, qui doivent partir.
Les conseils pour nos hôtes.
Un itinéraire pour marcher, 1 heure, 2 heures ou plus.
Un restaurant à conseiller.
Et, inévitablement, une question qui commence par :
« Excusez-moi, juste une petite chose… »

Moi, je passe des truffières à l'arrosage des jeunes plants, puis à la cuisine

Avec, entre les deux, ce que personne n’avait mis au programme.
Une chambre froide qui tombe en panne, par exemple.
Une chambre froide possède un instinct remarquable
Elle ne tombe pratiquement jamais en panne en plein hiver.
Elle préfère pendant les vendanges quand il fait bien chaud.
C’est plus vivant.
Alors, on téléphone. On répare.
On trouve une solution.
Et la journée continue.
Camille termine avec les chevaux.
Pascale accompagne nos convives pour une rapide visite des caves à jambon.
Louis tourne ses barriques pour immerger le chapeau de marc (ça fait une extraction douce dont je vous parlerai une autre fois).

Le raisin va devenir vin dans quelques années
Et soudain, toutes ces activités qui semblaient partir dans quatre directions différentes depuis le matin se retrouvent au même endroit :
à table.
Les agneaux qui pâturent sous les arbres des truffières se retrouvent dans l'assiette.
Avec le pain de blé truffier, les salaisons, les légumes fermentés, ...
Et les quatre membres de la famille, un peu éclatés pendant la journée, se retrouvent.
Car le soir, c'est autre chose
Nos hôtes vont dîner.
Et ça rassemble toute la famille.
Pascale retourne une dernière fois au potager.
Parce qu’une partie de leur repas est encore dans la terre.

Il faut cueillir les derniers légumes
Ceux qui sont mûrs aujourd’hui.
Puis tout cela entre en cuisine.
Avec Louis-Dominique, on peaufine le menu.

(ou tous les cinq quand notre fils québécois Thibault revient)
C’est peut-être cela, finalement, le plus difficile à comprendre pour quelqu’un qui n’est jamais venu au Domaine de Saint-Géry.
Vous ne séjournez pas dans un joli hôtel installé au milieu d’un domaine agricole.
Vous entrez pendant quelques jours dans une maison qui vit
Après avoir eu Pascale au téléphone, vous la retrouvez sur place.
Après avoir suivie Camille vers les chevaux ou les agneaux, vous la recroisez le soir.
Louis-Dominique, qui était dans les vignes le matin passe au chai, puis à la cuisine.
Et celui qui vous sert un légume au dîner sait où il était quelques heures auparavant
Nous n’avons que cinq chambres
Et c’est très bien comme ça.
Parce qu’avec cinq chambres, nos hôtes ne disparaissent pas dans l’établissement.
Et parfois, ils finissent la soirée avec nous autour d’un verre.
Puis, quand chacun regagne sa chambre, nous dînons à notre tour.
Quelque chose de léger.
En famille.

Il est souvent plus de minuit
La journée a commencé vers 7 heures.
Et demain ?
À peu de chose près, une autre journée presque banale.
Pas forcément reposante.
Mais passionnante.
Vivifiante.
Et pour rien au monde nous n’aurions envie d’en changer
Alors peut-être que, si cette rentrée vous donne envie de changer de vie,
vous n’avez pas besoin de commencer par vendre votre maison, quitter votre travail
et partir élever des chèvres dans le Larzac.
Commencez par venir vivre quelques jours dans la nôtre.
Jérôme Pitorin, d’Échappées Belles, écrivait dans notre Livre d'Or en repartant :
« Comme il est difficile de quitter ce magnifique havre de paix ! »
Et quelques lignes plus loin :
« Je me hâte de revenir vous voir !
A très vite donc, Pascale, Camille, Louis et chef Patrick »

Patrick Duler
Fondateur de la Maison Duler
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