Publié le 29 Juin, 2022

Catégories : Lettres au Bon Goût

Pour ĂȘtre honnĂȘte, dans la vie, je n'ai pas toujours fait les meilleurs choix.

En 2012, par exemple, j'ai acheté une voiture électrique, une voiture française, elle coûtait 2 fois plus cher que les voiturettes chinoises mais bon, elle était française.

 La premiĂšre annĂ©e elle a Ă©tĂ© en panne pendant 6 mois et depuis 10 ans c'est Ă  peu prĂšs la mĂȘme chose chaque annĂ©e. Durant ces 10 ans, j'ai fait Ă  peine 3900 kilomĂštres avec.

Je ne vous parle pas du vélo qui perdait ses pédales (tient, français lui aussi), du semoir qui ne semait pas, du frigo qui ne refroidissait pas, de la machine à laver professionnelle qui était toujours en panne, de la chaudiÚre à bois qui a explosé le premier jour, du charpentier qui a fait un toit qui fuyait, ....

Enfin,... il n'y a que ceux qui ne font rien qui ne se trompent jamais

Et puis, qui n'a pas ses petits problĂšmes ?

Mais s’il y a une chose pour laquelle je ne me suis pas trompĂ©

C'est quand, Ă  24 ans, j'ai dĂ©cidĂ© de venir m'installer au Domaine de Saint-GĂ©ry Ă  Lascabanes au fin fond du Lot en plein mois de dĂ©cembre pour ouvrir "La Petite Auberge". 

Tous les gens sensĂ©s en riaient et pensaient que j'Ă©tais fou. 

Seulement une cheminĂ©e pour se chauffer et pas de salle de bains. 

En plus le premier hiver, le thermomĂštre est descendu Ă  - 20° pendant plusieurs jours, l'eau gelait mĂȘme dans les Ă©viers. 

La maison principale, en 1990, 6 ans aprÚs mon arrivée.

Quand j'y repense, j'étais vraiment insensé

Les bùtiments autour étaient en ruine, la toiture fuyait, les jours de pluie je mettais des bassines dans la salle de restaurant.

Mais la graine était semée, je ferai manger ce que je produirai et c'est ce que j'ai fait.

Une des granges en 1985, devenue notre atelier de jambons

Parce qu'il y avait une petite voix dans ma tĂȘte qui me disait :
"c'est ça qu'il faut que tu fasses"

Au début, pendant l'hiver, surtout par - 20°, il n'y avait personne, j'en ai donc profité pour passer mon Brevet Professionnel Agricole et ainsi devenir agriculteur. Je l'ai fait en accéléré (1 an au lieu de 2) tout en ouvrant le restaurant le soir et le week-end.

Ça a pris six mois d'hiver pour avoir une clientùle ... et c'est long

J'allais à Cahors et je distribuais des prospectus au feu rouge à l'entrée de la ville, juste avant le pont (Maintenant c'est devenu un rond-point pour gilets jaunes).

Je me souviens encore de ma premiĂšre table, 4 personnes un dimanche midi.

C'était un travail de fou ... pour quelques francs

Autour de moi, les bùtiments s'écroulaient, les toitures tombaient

Mais au fond, ça ne m'inquiétait pas et je voulais continuer, contre vents et marées.

La suite vous la connaissez peut-ĂȘtre

Il y a eu de plus en plus de clients, La Petite Auberge est devenue le rendez-vous des gourmets de la région.

Je me suis installĂ© comme agriculteur l'annĂ©e suivante, puis j'ai gavĂ© des canards, j'ai Ă©levĂ© des cochons, puis j'ai fait une premiĂšre chambre d'hĂŽtes, j'ai commencĂ© un potager, j'ai plantĂ© mes premiers chĂȘnes truffiers en 1989, ...

Mais je ne pensais pas que ça irait beaucoup, 
beaucoup plus loin que ça.

Je ne pensais pas faire un jambon qui soit mondialement reconnu, je ne pensais pas avoir des clients du monde entier qui viennent spĂ©cialement ici pour goĂ»ter ma cuisine, je ne pensais pas ĂȘtre invitĂ© Ă  cuisiner Ă  Paris, New York ou Londres.

Je ne pensais pas qu'avec Pascale, on irait jusqu'Ă  construire ce lieu idyllique de villĂ©giature qui n'a plus rien Ă  voir avec la Petite Auberge du dĂ©but, si ce n'est la mĂȘme passion et la mĂȘme folie.

                           Votre table dressĂ©e dans les salons privĂ©s ou sur la terrasse

Alors peu importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse ?
Vraiment ?

Eh bien non, tous les lieux ne sont pas identiques. Il y a ceux qu'on aime et il y a les autres. 

Il y a des lieux qui sont vivants et d'autres non.

AprĂšs plus de 37 annĂ©es de rĂ©novation et d’embellissement, le domaine s'est mĂ©tamorphosĂ© en  une demeure quercynoise avec une Ăąme et une histoire. 

Les friches ont disparu pour ĂȘtre transformĂ©es en 70 hectares de jardin nourricier, avec des bois, des haies, des truffiĂšres, de la vigne, du blĂ©, des oliviers et des pruniers. et des sentiers Ă  perte de vue ont Ă©tĂ© amĂ©nagĂ©s .

 Je cuisine chaque soir  pour vous, en fonction des cueillettes de notre potager-verger (150 variĂ©tĂ©s de lĂ©gumes en pleine saison). 

Ici le temps est suspendu, on est dans un autre monde.

MĂȘme la piscine a une histoire. Elle est alimentĂ©e par l’eau de notre source, si pure et si douce, qu'elle est une thĂ©rapie Ă  elle toute seule.

Et si par hasard vous surprenez quelques douces notes de piano, c’est Camille notre fille, qui vous ravira de ses mĂ©lodies.

La Maison Duler, c’est seulement 5 chambres.

 Alors n’attendez pas.

Choisissez vos dates, votre chambre et validez votre réservation.

Une question, n’hĂ©sitez pas Ă  appeler Pascale au 05 31 61 63 81

Bien manger n'a jamais été aussi confus.
Comment reprendre le contrĂŽle de votre alimentation, simplement, et avec plaisir ?
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Patrick Duler

cuisinier-paysan

Fondateur de la Maison Duler

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