Publié le 23 Avr, 2026

Dans ma dernière lettre, je vous ai parlé de l’illusion du choix

Maintenant, allons un peu plus loin.


On pense adorer avoir le choix

Mais, avouons-le, notre cerveau se laisse souvent berner par des incitations bien ficelées, orchestrées par les génies du marketing des grands groupes agroalimentaires. 

Ces marques, avec leurs campagnes publicitaires pharaoniques, squattent les rayons, envahissent nos cuisines et entraînent toute une industrie dans leur sillage.

Et quand un géant s’impose, que font les autres ?
Ils cassent les prix. 
C’est presque un réflexe.


Dans d’autres secteurs, cela peut faire sourire

Quand un trublion comme Xavier Niel débarque dans les télécoms et fait chuter les tarifs à l’échelle nationale, tout le monde s’en réjouit.

On paie moins, on a l’impression de reprendre un peu de pouvoir d’achat.

Et on ne s'en fait pas pour Bouygues ou Orange, leurs profits restent confortables.


Mais dans l’alimentation ? C’est une autre histoire 

Parlons franchement :
Pour baisser les prix, il faut rogner sur les coûts de production, donc sur les prix de la matière première agricole.
 

Et devinez quoi ? 

La qualité est la première à trinquer. 


On entre alors dans une spirale infernale

Vous, consommateur, vous vous habituez :

  • à traquer le moins cher, 
  • à vouloir tout, tout de suite, 
  • même hors saison. 

Les industriels, eux, courent après la rentabilité : 

  • produire plus vite,
  • moins cher, 
  • pour ne pas se faire éjecter du marché.
     


Et pendant ce temps, que deviennent les irréductibles ?

Dans cette course à la rentabilité, que deviennent les producteurs soucieux de bien faire ? 

Ceux qui, à leur échelle, travaillent avec conscience et application.
Les producteurs et artisans qui s’obstinent à bien faire les choses.

Ils se retrouvent isolés, coincés entre deux options :

  • baisser leurs prix, réduire la qualité… et perdre leur âme ,
  • ou maintenir leur cap, au risque de rester marginaux et invisibles.
     


Prenons un exemple

Dans les années 50, une baguette valait 1 franc.
Puis, grâce à la production de masse, à l'industrialisation de l'agriculture, à la mécanisation, elle passe à 70 centimes.

Le consommateur est heureux, il voit le prix plus bas, mais ne remarque pas la perte de qualité.

Dans ce contexte, comment rivaliser quand on travaille lentement, avec soin, en respectant chaque ingrédient ? 
C’est mission impossible. 
Soit on abandonne, soit on fait du pain pour de vrai, à contre-courant, sans filet de sécurité. 
Et croyez-moi, ce n’est pas une partie de rigolade.

Peu à peu, le modèle économique dominant devient celui de l’uniformité

Les rares qui persistent à refuser la course sont relégués dans les marges.
 

Et les géants du marketing, à  coups de millions d'euros,  brouillent les pistes.

Ils repeignent les emballages en vert, ils collent des labels rassurants, ils parlent de terroir, d’authenticité, de respect…
Et là, vous vous demandez peut-être…


Comment distinguer le vrai du faux ?

Comment être sûr que ce qu’on achète est bien ce qu’il prétend être ?

Je vous en parle dans ma prochaine lettre.
 

En attendant, si vous voulez des pistes pour mieux manger, je vous invite à vous inscrire gratuitement  à notre conférence “agriculture, cuisine et santé”

Patrick Duler
Fondateur de la Maison Duler

Je partage régulièrement ce regard libre et sans détour sur les dérives industrielles de l’agriculture et de la filière agroalimentaire. Je mets en lumière cet égarement qui atteint même les restaurants étoilés et les guides gastronomiques.

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