Publié le 23 Avr, 2026

Dans la précédente lettre, je vous ai parlé du faux mythe de l'abondance.
Je vous parle aujourd'hui d'un piège de l'industrie qui date de presque un siècle...

Vers 1940, les départements marketing des produits industriels ont fait une découverte très lucrative.

Et comme souvent dans ce milieu-là, tout est parti d’un problème :
la margarine ne se vendait pas.

Personne n’en voulait, ni dans les magasins, ni dans les assiettes.
Mais au lieu de remettre en question le produit, une autre idée a germé :


Et si le problème ne venait pas du goût, mais de l’image qu’on s’en faisait ?

À l’époque, la margarine était blanche comme un linge. 
Le beurre, lui, était jaune.

Et inconsciemment, ce jaune rassurait.
Ce jaune chaleureux évoquait la ferme, la crème fraîche, la douceur d’un matin à la campagne.

Et Louis Cheskin, ponte du marketing moderne, a eu une intuition :
Si on colorait la margarine… ressemblerait-elle davantage au beurre ?
Serait-elle mieux acceptée ?

Alors, il a testé

Il a invité des femmes au foyer à des déjeuners-tests.
Sans leur dire ce qui se jouait.

On a coloré la margarine en jaune, on l’a rebaptisée “Margarine Impériale”, on l’a emballée dans du papier aluminium.

Et on a observé.
Résultat : elles l’ont trouvée meilleure.

Même produit, même recette

Juste une couleur différente. 
Un nom plus flatteur. 
Un emballage plus noble.


C’était le début d’un principe encore utilisé aujourd’hui :
le transfert de sensation.

Ce que vous voyez, ce que vous touchez, ce que vous croyez… influence ce que vous goûtez.
Et à partir de là, les industriels ont vu le jackpot.


Pourquoi se fatiguer à améliorer le produit, quand on peut simplement manipuler la perception ?

Des tests l’ont prouvé : plus un emballage est réaliste, plus le goût perçu est bon.

Dans les années 90, une grande agence de publicité a même fait le test avec les boîtes de raviolis.
Elle a modifié le visage d’Hector, le chef qui apparaît sur l’emballage.

Résultat ?
Plus il était caricatural, moins les gens trouvaient le goût bon.
Plus on s’approchait d’un visage humain, identifié, souriant, crédible… plus le goût semblait s’élever.

Pas la recette, non.
Juste le ressenti.

L’un des fondateurs de cette agence, qui a travaillé dans pratiquement tous les rayons du supermarché, résume ainsi ce qu’ils ont observé :

"En général, les consommateurs préfèrent le réalisme en matière d’aliments. 
Ils veulent pouvoir reconnaître un visage, s’y identifier.
Ils apprécient davantage les gros plans que les photos en pied. Ici, nous voulions savoir s’il était possible d’améliorer la perception du goût des raviolis en transformant la figure emblématique d’Hector.
Nous avons fait plusieurs essais en testant toute la gamme des représentations, depuis la caricature jusqu'à la photo. 
Plus la représentation était abstraite, moins le goût et la qualité du produit étaient bien perçus."


C’est là que le vrai travail des industriels a commencé

Depuis 80 ans, ils ont perfectionné l’art de nous faire aimer ce qui ne le mérite pas.

Aujourd’hui, ça s’appelle Nutriscore, emballages verts, labels vagues, petites touches de folklore :

 – un béret, une baguette, un paysage de campagne…

 – et un produit transformé à l’autre bout de l’Europe, passé par 56 manipulations industrielles.

Le but n’a jamais été que vous mangiez mieux

Leur seul objectif, c’est que vous payiez plus cher un produit qui leur coûte des clopinettes à fabriquer. 

Rien d’autre.


Mais si vous lisez ces lignes, c’est sans doute que vous ne vous laissez plus avoir si facilement.
Vous avez compris qu’un fond rouge et un nom à consonance paysanne ne suffisent pas à garantir le goût ou la qualité.

Vous avez appris à lire les étiquettes.
Traquer l’origine. 
Choisir local.
Ne pas confondre “authentique” et “bien marketé”.


Et c’est pour ça que j'écris ces lettres

Pour décortiquer les rouages.
Et pour vous aider à ne pas confondre un emballage flatteur avec un bon produit.

Mais même les plus méfiants peuvent se faire piéger.
Car parfois, l’illusion est parfaitement construite.

Et même en y mettant le prix… on avale, sans le savoir, un produit vide.
Vide de goût, vide de nutriments et vide d'éthique.


Alors oui, vous savez que les apparences trompent… 

Mais connaissez-vous la véritable entourloupe derrière certains produits “sains” ?

Dans ma prochaine lettre, je vous montre un cas d’école : 
Un produit que vous pensiez “bon pour vous”.
Mais qui ne l’est pas…

Et parce qu’il n’y a qu’en comprenant les rouages qu’on choisit mieux ce qu’on met dans son assiette, inscrivez-vous à notre conférence gratuite “cuisine, agriculture et santé” .

En attendant, je vous propose un produit réellement sain qui vous régalera les papilles : 
Notre dernière tournée de chorizo de brebis des truffières, tout juste sortie du séchoir.

Patrick Duler
Fondateur de la Maison Duler

Je partage régulièrement ce regard libre et sans détour sur les dérives industrielles de l’agriculture et de la filière agroalimentaire. Je mets en lumière cet égarement qui atteint même les restaurants étoilés et les guides gastronomiques.

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Patrick Duler

cuisinier-paysan

Fondateur de la Maison Duler

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